AVEC LA COMÉDIE DE PICARDIE ET « L’ÉTOURDI », VOYAGE AUX SOURCES DU THÉÂTRE.
Voilà quelques temps déjà que la Comédie de Picardie n’avait pas inscrit à son programme de décentralisation une pièce du répertoire. Qui plus est, avec « L’étourdi », après plusieurs farces, la première véritable pièce de Molière. Pour autant, si les classiques demeurent un lieu de mémoire, grâce à leur mise en scène, ils constituent également un formidable lieu de création, donc de modernité. Ainsi, avant le spectacle du soir donné devant une salle de l’Eden bien garnie, devant un auditoire de scolaire intéressé, grâce à un jeu de masques et de costumes particulièrement soignés, six comédiens incarnent pas moins de douze personnages.
Comme l’explique la metteure en scène, l’écriture scénique de Molière doit beaucoup à l’improvisation et, dans un esprit de tréteaux, la pièce en cinq actes présentée aux élèves de l’Enfant-Jésus et à une classe du lycée Joliot-Curie s’appuie sur la Commedia dell’arte. Mieux encore, avec Mascarille, valet malicieux et intelligent, le jeune public découvrit le père de Scapin et de Sganarelle. Bref, un retour à la naissance de la comédie. « Aux sources du théâtre » aime à dire Catherine Delattres.

