19 MARS : ÊTRE LÀ ET SAVOIR POURQUOI.
Face au monument érigé par la Municipalité hirsonnaise en 2005, Jean-Jacques Thomas s’est voulu pédagogue afin de donner un sens à l’hommage rendu aux victimes de la guerre d’Algérie. Auparavant, il a, cependant, tenu à rappeler que la date du 19 mars avait été choisie par le Parlement « et non, dit-il, par un homme ». Une date évidemment liée aux accords d’Évian « premier pas essentiel pour mettre fin à une guerre qui, trop longtemps, refusa de dire son nom ». « Trente-sept années, précisa-t-il, pour entendre le Premier Ministre de l’époque, Lionel Jospin, le 18 octobre 1999 substituer le mot de guerre à celui d’événements ».
« Bien sûr, expliqua le Maire d’Hirson, il est toujours douloureux de commémorer un événement dramatique. Mais le drame n’est-il pas, avec son cortège de morts et de crimes, qu’une guerre d’indépendance, ait été réduite à un simple événement ? Le drame n’est-il pas d’avoir si longtemps détourné son regard des cicatrices qui, aujourd’hui encore, témoignent des souffrances endurées par les soldats du contingent, les militaires engagés, mais tout autant les familles demeurées en métropole et les épouses restées dans l’insoutenable attente du retour de l’être aimé ou du père entr’aperçu le temps d’une permission. Au-delà de la date sur laquelle chacun peut avoir une opinion – après le 11 novembre 1918, des soldats sont encore tombés ; après la capitulation nazie, la seconde guerre mondiale ne s’est-elle pas poursuivie par-delà les frontières européennes ? – l’essentiel reste bien d’être là et de savoir pourquoi ».

