EFFRY : DE LA COURSE DE CHEVAUX AU PASSAGE A GUÉ, DU MARCHÉ FRANC A SAINT ÉLOI.
Comme nombre de fête communales, Effry conserve son bal, son concours de boules, ses jeux pour enfants et de passe-boules. Même si la météo a quelque peu contrarié l’organisation municipale, dimanche, la traversée de l’Oise par une quarantaine de cavaliers et de cavalières de Thiérache a tenu toutes ses promesses populaires et historiques.
L’Histoire veut, en effet, que face à la pauvreté de la commune, Louis XIII accorde à Effry le droit de tenir chaque 25 juin un marché franc, garantissant du même coup l’essor du bourg. La tradition rappelle même que l’on y achète le bétail et que l’acquéreur ne le paie que la semaine suivante ... si, toutefois, il est satisfait.
Trois siècles plus tard, le marché se transforme et le rendez-vous annuel s'achève par une course de chevaux qui draine nombre de cavaliers amenés à franchir, au cœur du village, l'Oise à gué. Le vainqueur reçoit alors un jambon tandis qu’au second est offert le torchon qui l’enveloppe, nourrissant ainsi un peu plus les regrets du battu.
L'arrivée de la commune dans le giron de l'abbaye de Bucilly transforme cependant cette fête païenne. Récupérée par l’Eglise, elle est dédiée à Saint-Eloi. Dans le village inondé, l’évêque de Noyon aurait, en effet, indiqué aux villageois un passage à gué pour récupérer leurs troupeaux. Depuis, en remerciements et en l’honneur du saint dont la statue est sortie de l’église sur un tracteur décoré et conduit par Guy Marcoux, les habitants organise un pèlerinage et messe célébrée dimanche par l’abbé Jean-Charles avant la traditionnelle bénédiction des cavaliers et des chevaux. Sans oublie le passage à gué, mais sans jambon à la clef.



