A L’EDEN, UNE CUISINE DE GRAND-MÈRES DES PLUS LÉGÈRES.
Pour les deux auteurs, « L’aventure est dans votre cuisine ». Pour Nicolas Auvray, elle se situe d’abord, dans la mise en scène. Plus facile, en effet, de monter des blancs en neige qu’une pièce de théâtre à partir, certes de produits frais, mais cuisinés à l’ancienne. Gageure réussie pour le Directeur de la Comédie de Picardie.
Après s’être attaqué avec succès – plus d’une centaine de dates sont à l’affiche – au monument que constituent les Fables de la Fontaine, même nappé de poésie et mis en bouche avec des titres originaux, l’aventure culinaire n’allait pas forcément de soi. Tout comme en 1954 – l’année de la parution de l’ouvrage d’Hélène Cingria et de Marie-Paule Pomaret – « se marier sans posséder une vocation de cuisinière ».
La cuisine, expliquent Niels Roelandt et Amandine Testu, les deux jeunes acteurs du Conservatoire d’Amiens, « c’est comme une aventure, l’oubli de tout, un voyage immobile » que Nicolas Auvray a, justement, imaginé durant le confinement. Un voyage gastronomique conçu autour des saisons dont le point de départ reste le marché « ce calendrier où la nature elle-même tourne les feuillets des jours ».
Une heure durant, avec légèreté et fantaisie, malgré le beurre et les ragoûts, le lapin est mis à toutes les sauces, la basse-cour parade et le spectateur plonge vingt-mille lieues sous la mer et noue même des idylles d’eau douce. Le tout sans connaître le moindre problème de digestion. Mieux, rien n’est plus léger que cette cuisine de grand-mères.
